Saccharine

en direct de l'arvo 2024

Saccharine : un adjuvant dans le traitement de la DMLA ?

L’étude a cherché les liens de cause à effet entre la consommation de différents édulcorants, les stades de DMLA et le taux sérique de certains métabolites. Les résultats présentés concernent la saccharine.

Par le Dr Isabelle Aknin, en direct de l'ARVO

Le 12 mai 2024

Constat

La nutrition est importante pour la prévention de la DMLA. La consommation croissante d’édulcorants a changé nos habitudes de consommation. Les effets de ces édulcorants est mal connu.

L’étude a cherché les liens de cause à effet entre la consommation des différents édulcorants, les stades de DMLA et le taux sérique de certains métabolites. Les résultats présentés concernent la saccharine.

Méthode

46 patients atteints de DMLA et traités par anti-VEGF ont été classés par niveau d’activité néovasculaire. Le taux sanguin de 6 édulcorants a été mesuré (ace K, aspartate, erythritol (Stevia), saccharine, sorbitol, xylitol).

En parallèle, ils ont donné de la saccharine à des souris « modèle néovasculaire ». Ils ont fait une imagerie, et analysé l’expressions de certains gènes.

Résultats

Très étonnamment, les patients dont le taux de saccharine circulante était le plus haut étaient ceux dont l’activité néovasculaire était la mieux contrôlée, et ceux qui avaient le moins de matériel hyper-réflectif à l’OCT. En discutant avec l’auteur (berlinois), il m’apprend que ces patients sont aussi ceux qui ont le plus grand intervalle de traitement par anti-VEGF.

Taux de saccharine : 0.33 ± 0.11 groupe de néovaisseaux actifs vs. 5.17 ± 2.76 groupe de néovaisseaux inactifs (p=0.004).

Dans le modèle murin, les souris consommant de la saccharine avaient moins de diffusions à l’angiographie et moins d’hémorragies rétiniennes.

L’histologie de leurs rétines montraient moins de fibrose (0.001 mm3 ± 0.0072 mm3 groupe contrôle vs. 0.00025 mm3 ± 0.0001 mm3 groupe saccharine ; p=0.035), une diminution de 40% d’infiltration monocytaire.

Enfin, la synthèse de marqueurs inflammatoires du VEGFR-1 et du VEGFb était significativement inférieure dans le groupe saccharine.

Conclusion #takehomemessage

Les auteurs concluent que la saccharine pourrait avoir un rôle protecteur contre la DMLA, comme montré par l’analyse sanguine des patients, ce qui semble confirmé par l’analyse des souris. Après la Metformine, la saccharine…

Et si le métabolisme du sucre était à revoir dans les DMLA ?

Références

From the Human Blood Metabolome to an Interventional Murine CNV Model : Unveiling Saccharin’s Protective Effect on Neovascular AMD / Abstract Number: 213 – B0276 5/5 – Auteurs : Steffen Emil Künze, Inga-Marie Pompös, Leonie T.M. Flesch, et al.