AAO 2022: les traitements à l'étude

Traitement de la DMLA atrophique: Avancipatad Pegol et Pegcetacoplan

Si on se mettait à piquer les DMLA atrophiques, cela augmenterait de 33% le nombre d’IVT réalisées

Le 16 octobre 2022

L’étude Gather 2 : les résultats à 1 an de l’Avancicaptad Pegol dans la DMLA atrophique

Présentée par le duo Arshad Khanani et Jeffrey Heier, on retrouve l’Avancicaptad Pegol (ou Zimura)

La logique du produit :

L’hyperactivité du complément a été retrouvé dans la DMLA. Le facteur 5 du complément, situé plus bas dans la cascade que C3 pourrait préserver l’action anti-inflammatoire du C3a, contrairement au Pegcetacoplan qui inhibe toute la cascade du complément

Le protocole de l’étude :

Rappelons que les patients inclus devaient avoir une lésion d’une surface comprise en 2,5 mmm² et 17,5 mm² située dans les 1500 µm centraux, mais sans atteinte fovéolaire, une acuité visuelle entre 0,5/10° et 8/10°. Ils ne devaient pas avoir de néovascularisation, de diabète, ou d’antécédents d’IVT.

Lors de la première année, les patients du bras Zimura ont été injectés tous les mois, les patients du groupe témoin ont eu des simulacres d’IVT.

Lors de la 2° année, les patients seront randomisés en 2 groupes :

  • Un groupe injecté tous les mois
  • Un groupe injecté tous les 2 mois

Le groupe témoin est resté témoin…

Résultats la première année :

La compliance des 2 groupes a été semblable avec 94% des patients Zimura injectés selon le protocole et 91% des patients du groupe témoin. En même temps, les patients témoins venaient quand même tous les mois….

Efficacité :

  • Le groupe injecté a eu une réduction de croissance linéaire de ses lésions de 14,3% comparé au groupe témoin (p=0,0064)
  • Attention c’est subtil : le groupe injecté a eu une modification de la surface de lésion moindre de 17,3% à 1 an comparé au groupe témoin. Diminution de la modification de la surface de 28% à 18 mois.

Tolérance :

ACP 2mg (n=225) Témoins (n=225)
Total EI 178 (79,1%) 157 (70,7%)
Oculaire dans œil TTé 110 (48,9%) 83 (37,4%)
Non oculaire 125 (55,6%) 127 (57,2%)
EI sévères 30 (13,3%° 37 (16,6%)
Oculaire dans œil TTé 2(0,9%) 2(0,9%)
Non oculaire 29 (12,9%) 35 (15,8%)
EI entrainant arrêt TT 6 5 (2,7%) 2(0,9%)
EI Oculaire dans œil TTé 2(0,9%) 0
EI Non oculaire 4(1,8%) 2(0,9%)

Parmi les EI oculaires

Néovascularisation 15(6,7%) 9(4,1)
Nvx avec fluide 11(4,9%) 9(3,2%)
Nvx sans fluide 1 7
Nvx péripapillaires 3 0
HTO 21(9,3%) 2(0,9%)
BAV 0 1

 

A 18 mois, 8 cas (11,9%) de néovascularisation dans le groupe traité versus 3 (2,7%) dans le groupe témoins

Aucun cas d’inflammation, d’endophtalmie, d’ischémie, ni de neuropathie optique, mais une incidence des néovascularisations plus élevée.

conclusion:

Un ralentissement de la croissance linéaire des lésions et de la surface des lésions, mais notons que par rapport aux études sur le Pegcetacoplan, seuls les lésions extra-fovéolaires ont été inclues: ce sont les meilleurs cas d’Oaks et Derby

Et une complication néovasculaire à surveiller, mais une bonne tolérance globale

 

 

Études Derby et Oaks : les résultats à 18 mois du Pegcetacoplan dans la DMLA atrophique


Les résultats à 2 an ont été présentés à l’AAO 2022 par Charles Wykoffles
Quelques résultats à 18 mois avaient été présentés dans les discussions pour/contre par Robert Bhisitkul et Daniel Martin

 

La logique du produit :

L’hyperactivité du complément a été retrouvé dans la DMLA. Le facteur 3 du complément est au cœur du système : point de convergence des 3 voies d’activation. Le Pegcetacoplan inhibe l’activation du C3, donc toute la voie du complément.

Le protocole des études :

Rappelons que ce sont des études de phase III, proposant des injections soit tous les mois, soit tous les deux mois de Pegcetacoplan versus placebo, randomisées en double insu.
Ont été inclus 637 et 621 patients de plus de 60 ans, avec une acuité visuelle ≥24 lettres, et une aire d’atrophie comprise entre 2,5 et 17,5 mm², rétro-fovéolaires ou extra-fovéolaires.
L’objectif principal était de limiter l’augmentation de la taille des zones atrophiques mesurées en auto-fluorescence. Une étude post-hoc faite sur la micro-périmétrie recherche les atteintes des zones jouxtant les frontières de l’atrophie.

 Résultats :

Les résultats sont toujours mitigés, car il n’y a aucune différence entre les 3 groupes des 2 études pour l’acuité visuelle, la sensibilité rétinienne en micro-périmétrie.

Anatomiquement :

Lors des discussions préliminaires (discussions pour/contre les IVT dans l’atrophie), on nous présente un résultat poolé des 2 études retrouve à 18 mois : un ralentissement de la progression de l’atrophie, dans le groupe injecté mensuellement (n=158) de 26%, et de 21%dans le groupe bimensuel (n=155), comparé au groupe placebo (n=133). Un différentiel supérieur au résultat à 1 an.
Mais

Il est remarqué que cela ne fait que retarder l’évolution inexorable de la DMLA atrophique. Une projection montrerait un retard de 1 an après 4 ans d’injections (48 IVT). Rappelons que dans l’étude AREDS, la supplémentation retarderait l’évolution de l’atrophie de 4,5 ans à 10 ans… à postériori, pas si mal

 

Dans les résultats présentés à 2 ans

Pour Oaks un ralentissement de la progression de l’atrophie, dans le groupe injecté mensuellement (n=202) de 22%, et de 18 %dans le groupe bimensuel (n=205), comparé au groupe placebo (n=207).

Pour Derby un ralentissement de la progression de l’atrophie, dans le groupe injecté mensuellement (n=202) de 19%, et de 16 %dans le groupe bimensuel (n=205), comparé au groupe placebo (n=207).

Donc moins bien que les résultats à 1 an, et moins bien que les résultats poolés à 18 mois présentés quelques 3 heures plus tôt…

En fonction de la localisation :

Pour les lésions extra-fovéolaires, ils ont présenté les résultats poolés :
le ralentissement de l’atrophie était de 26% (p<0,0001) pour les traitements mensuels (n=158) et de 22% (p< 0,0001) pour les traitements bimensuels (n=155) comparé au groupe témoin (n=133)

Alors qu’en ne regardant que les lésions fovéolaires (poolés), le ralentissement de l’atrophie n’était que de 19% (p<0,0001) pour les traitements mensuels (n=245) et de 16% (p=0,00O3) pour les traitements bimensuels (n=251) comparé au groupe témoin (n=269)

Tolérance :

9,5% des patients injectés tous les mois et 6,2% des patients injectés tous les 2 mois ont eu des néovaisseaux comparés aux 2,9% des patients témoins.

La tolérance est bonne.

  • 2 cas d’endophtalmie dans le groupe des injections mensuelles et 2 cas dans le groupe des injections bimensuelles. (0 cas chez les témoins, bien sûr). Aucun cas au-delà du 18° mois.
  • Une HTO retrouvée dans 3,8% des cas dans le groupe des injections mensuelles et 2,1% des cas dans le groupe des injections bimensuelles. Aucun patient n’a arrêté l’étude à cause de ces complications tensionnelles.
  • aucun cas de vascularite ni d’occlusion vasculaire.
  • Apparition de néovascularisation non négligeable

Néovascularisation

TT mensuel (n=419) TT bimensuel (n=420) Témoins (n=417)
Néovascularisation Dg investigateur 51(12,2%) 28(6,7%) 13 (3,1%)
Néovascularisation Dg centre de lecture 37 (8,8%) 23(5,5%) 11(2,6%)
Néovascularisation Dg discordant 9(2,1%) 4(1%) 8(1,9%)
HTO 16(3,8%) 9(2,1%) 1(0,2%)
Endophtalmie 2(0,5%) 2(0,5%)

0

 

Conclusion :

Un ralentissement de la croissance des lésions qui augmenterait avec le temps, dixit l’orateur.

Toujours une meilleure indication pour les lésions initialement extra-fovéolaires.

Et une complication néovasculaire qui confirme sa présence à 2 ans dans Oaks et derby (complication dépistée dans l’étude Filly)

Bref, c’est un peu comme la Visudyne, qui, en son temps, limitait la perte d’acuité visuelle, sans l’empêcher.